Rechercher
  • Marie François

Comment vulgariser un texte comme un pro ?

On parle souvent de vulgarisation scientifique car les sciences représentent un domaine où les spécialités sont nombreuses, variées et souvent très pointues. Néanmoins, beaucoup d'autres domaines techniques, ou tout simplement spécifiques, possèdent leur propre jargon : le marketing, le secteur juridique, l’informatique en sont quelques exemples.

Comment se passer de ce vocabulaire spécifique tout en restituant l'information le plus fidèlement possible ?

Comment communiquer de manière accessible quand le sujet est complexe ?


7 Conseils pour bien vulgariser


Si vous êtes amenés à communiquer vers une cible qui ne connaît pas (ou peu) votre sujet, n'oubliez jamais ces 7 étapes :

1. Comprendre parfaitement votre sujet

2. Connaître votre cible sur le bout des doigts

3. Bannir le jargon (ou créer un glossaire)

4. Reformuler

5. Être ludique

6. Illustrer vos propos par des exemples et des visuels

7. Prendre du recul

1. Comprendre parfaitement votre sujet



Pour vulgariser correctement, assurez-vous de bien comprendre vous-même la matière que vous abordez. Dans cet objectif, et avant tout chose, il conviendra de décomposer votre contenu, structurer le tout par thèmes, et faire ressortir l’essentiel de manière à obtenir une sorte de plan avec les informations les plus importantes sur lesquelles vous devez attirer l’attention. Agir de la sorte vous permettra vous-même d’y voir plus clair et vous amènera à mettre le doigt sur l'essentiel et le superflu.

Il est certain que le niveau d’expertise dont vous avez besoin pour rendre votre texte accessible dépendra du sujet traité et de votre cible, ce qui nous amène au point 2.

2. Connaitre votre cible sur le bout des doigts



Vous n’allez pas vous adresser à Simon,10 ans, écolier et collectionneur de figurines de Tyrannosaures comme vous aborderez Gisèle, 42 ans, conseillère en marketing et fan de la Casa de Papel. Pour bien faire passer un message – et cela vaut pour n’importe quel type de communication, il faut connaître son interlocuteur.

Quel est son langage ?

Quel est son niveau de connaissance sur le sujet ?

Quelles sont ses références ?

En bref, il faut que le destinateur et le destinataire se comprennent, parlent la même langue, avec les mêmes codes. En effet, « nous nous exprimons tous à un niveau de langue donné, déterminé à la fois par des facteurs constants (comme notre culture, notre intelligence, notre formation, notre éducation) et d’autres, variables (comme le statut de notre interlocuteur et le nôtre par rapport au sien ; le contexte, public ou non, de la communication ; la nature, écrite ou verbale, du contact). » [1]

Pour être un bon vulgarisateur, il faut donc bien étudier votre cible et sa manière de communiquer.


3. Bannir le jargon (ou créer un glossaire)



Rien de pire, dans un texte, que les expressions compliquées que l'on doit relire 3 fois avant de poursuivre sa lecture. Utilisez des termes simples que votre cible connait.

Pour les mots techniques et précis qui n’ont pas vraiment de synonymes, une solution est de créer un glossaire (en plus, c’est bon pour votre référencement sur Google). Ce dernier renverra votre lecteur vers la définition de chacun de ces mots spécifiques.


4. Reformuler



Pour éviter les longues phrases incompréhensibles :

  • Soyez concis et direct

  • Privilégiez les phrases courtes

  • Limitez-vous à un message par paragraphe

Malgré vos efforts, certains propos peuvent rester obscurs pour votre audience : n’hésitez pas à reformuler pour clarifier, préciser, résumer. Pour cela, vous pouvez :

  • Expliquer autrement, en commençant votre reformulation par une expression du type : « en d’autres termes », « ce que je veux dire par là », « autrement dit », « vu sous un autre angle »

  • Résumer vos propos : « en résumé », « récapitulons »

  • Utiliser des comparaisons : cela permettra à votre lecteur de faire des parallèles qui lui sont familiers


5. Être ludique



Pour intéresser votre cible et lui donner envie d'en apprendre davantage, il peut être utile, selon le contexte, de rendre votre communication amusante.

Vulgariser, ce n'est pas simplement restituer l'information et la rendre accessible, c'est aussi la rendre attrayante. 

Stephen Hawking, célèbre astrophysicien et vulgarisateur scientifique, apportait toujours une touche d’humour à ces discours, ce qui rendait certaines explications complexes bien plus agréables à encaisser.

Comme expliqué dans cet article abordant les 10 fausses idées que se font les scientifiques de la vulgarisation, "surtout, ce qui va vraiment toucher le public se joue souvent ailleurs que dans la qualité de l’explication scientifique : c’est le look du chercheur, c’est sa personnalité, c’est la tête du PowerPoint et le choix des couleurs, bref, le style." [2]


6. Illustrer vos propos par des visuels et des exemples concrets



Images, schémas, cartes, tableaux, chiffres… enrichiront votre contenu. Ces éléments viendront appuyer les moments forts de votre discours, les passages importants de votre texte.

Les contenus les plus compliqués à vulgariser sont les contenus abstraits. En effet, pour reprendre l'exemple des sciences, elles ne sont pas toutes "logées à la même enseigne : plus elles traitent d’objets abstraits et plus elles sont compliquées à vulgariser" [3]. C'est le cas, par exemple, des mathématiques. Rendre concret une notion abstraite permet parfois d'y voir beaucoup plus clair (voir plus bas).

7. Prendre du recul



Pour vous aider dans votre œuvre vulgarisatrice, faire un pas en arrière sera toujours judicieux. Prendre du recul est, en effet, fondamental dans le processus de vulgarisation.

Si vous en avez l'occasion, laissez "reposer" votre projet pendant au moins 24 heures pour y revenir par la suite. Il vous apparaitra comme neuf. Cela vous permettra de déceler les petites incohérences, les lourdeurs... Je vous conseille également vivement de soumettre votre texte à une personne extérieure et de confiance, qui, grâce à son approche objective, vous aidera à le fignoler et à pointer ce qui n’est toujours pas clair à 100%.


Exemple de vulgarisation : "Mathématiques, grains de blé et coronavirus"



Depuis le début de la pandémie de Covid-19, nous entendons souvent parler de courbe exponentielle. Le principe est simple et pourtant, il n’est pas si facile de l’expliquer ou, du moins, de se le représenter.

Dans cet excellent exemple de vulgarisation scientifique, l’auteur utilise le storytelling pour attirer l’attention du lecteur, ce qui rend son texte d’emblée divertissant. Il se sert de l'analogie du jeux d’échecs pour faire comprendre une notion abstraite : la croissance exponentielle. Mais il ne s’arrête pas là, il développe son raisonnement en proposant des schémas et des images, permettant ainsi de visualiser ses propos et de continuer à le suivre dans son raisonnement. À la fin de son article, il résume en un court paragraphe le message principal à faire passer.

Un savant mélange des 7 conseils précités.

CQFD.


Besoin d'aide pour vulgariser votre message ? Youdee vous accompagne !

[1] Gergely, T. (1995). Information et persuasion. Écrire. Bruxelles : De Boeck.

[2] Bobroff J. (2017). Dix idées fausses que se font les scientifiques de la vulgarisation.The Conversation, Retrieved from https://theconversation.com/dix-idees-fausses-que-se-font-les-scientifiques-de-la-vulgarisation-89191

[3] Blanchard, A. (2018).10 autres fausses idées sur la vulgarisation scientifique. The Conversation, Retrieved from https://theconversation.com/dix-idees-fausses-que-se-font-les-scientifiques-de-la-vulgarisation-89191


Ils m'ont fait confiance

rédactrice freelance client luxembourg.j
journaliste freelance belgique.png
rédactrice freelance virton arlon.png
rédactrice freelance culture.jpg

Youdee | Rédaction web & print |Marie FRANÇOIS | Virton, Wallonie - Belgique | contact@youdee.be | Mentions légales